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Mouxy, 19 juin 2007 Alors, hier, je suis allée à Mouxy pour faire de la vidéo de Rosemary. Oui, depuis le temps que je m'intéresse à leur cas (octobre 2005 pour être précise), je ne les avais toujours pas dans mes archives vidéos, ça manquait. Il était annoncé plein d'autres groupes, c'était un vrai petit festival, une fête de la musique avant l'heure, une scène de l'école Deva d'Aix-les-Bains, un petit florilège de groupes du coin, orientés punk, habitués des Locaux Larsen de Chambéry... Plein de musique au programme. Sauf que, justement, peut-être un peu trop. ![]() Bon, d'abord, Mouxy, c'est où? Bah quand on vient du nord d'Aix-Les-Bains, viser Grésy-sur-Aix, traverser le patelin puis continuer avec foi vers le sud. En gros. Ceux qui cherchent des panneaux indicateurs peuvent toujours se brosser. Mouxy est situé sur les hauteurs d'Aix-les-bains. Depuis la place de l'église, on aperçoit le lac. C'est très joli. Sauf que c'est vraiment paumé. J'avais un peu la sensation de me rejouer une expédition de l'année dernière à Héry-les oies... Pardon, Héry-sur-Ugine, ou à Manigod (c'est carrément haut, le col du Merdassier) et ok, même les gens qui vivent dans des endroits paumés comme ça ont droit à un peu de culture (et ceux qui vivent en ville et ceux qui gèrent les villes semblent réclamer de plus en plus de paix, d'ailleurs ceux qui adorent faire de la moto et de la tondeuse à gazon viennent de plus en plus s'installer dans les champs... Pour plus de détails sur le sujet, voir tout en bas de cette page). Mais bon, bref, pour le côté pratique, on repassera. Donc, plein de musique live au programme. Je suis arrivée vers 20h45 par le côté où était posée la scène de Deva : ![]() Je suis restée là une demi heure à regarder des petits jeunes jouer de l'Interpol et du Muse (d'ailleurs, c'était... heufh... Coline? la chanteuse, jolie voix), avant de réaliser qu'il y avait d'autres scènes un peu plus loin, de l'autre côté de la place de l'église (j'avais mal lu l'affiche, oui). ![]() Deux autres petites scènes, carrément, et autour de celles-là, vraiment pas grand monde. Les élèves de Deva avaient dû ramener un bon nombre de camarades, potes et autres familles et... Les accaparaient un peu? Ou c'était peut-être autre chose : déjà, ok, tout ce qui est pop et pop-rock est plus passe-partout que du punk rock, il faut bien le dire. Et peut-être que, comme moi, beaucoup de gens ont mis un peu de temps à réaliser qu'il y avait d'autres scènes? Mais surtout, une fois trouvée la petite scène où jouait Nichiel's, j'ai été amenée à repenser à un truc que m'a dit récement une musicienne d'un groupe spécialisé dans la reprise (c'est à dire un groupe qui ne joue que de la reprise, aucune compositions) : les gens n'ont pas envie de voir des groupes jouer des compos. Le public apprécie de voir ce qu'il connait déjà, ce qu'il a déjà vu à la télé, entendu à la radio. Du Muse et de l'Interpol, c'est familier, ça fait toujours plaisir de s'en prendre une petite dose. Les compos... Ca force à sortir de ses habitudes, à faire fonctionner le cerveau : il faut s'en remettre à son propre jugement pour savoir si on aime ou on aime pas, vu que ça ne bénéficie pas d'un "label qualité pré-jugée garantie" Europe 2 ou Universal (là, oui, en lisant "label garantie", beaucoup vont éclater de rire ou manquer de s'étrangler, je le fais exprès). Mais bref, quelque soit les raisons, le gros du public restait autour de la scène de Deva. Moi, personnellement, je préfère l'inédit. Que ce soit de l'inédit signé par un grand groupe ou un petit, je préfère le neuf. Le personnalisé. Les reprises, c'est bien pour se faire la main. Ou quand on les customize au moins un peu. Enfin, c'est mon opinion perso. Après, un groupe qui ne fait que de la reprise, c'est un concept qui peut plaire, je le conçois, quelque chose qui peut être plus facile à vendre aux bistros et autres restos qui cherchent juste une animation passe-partout pour une soirée. Mais pour en revenir à Mouxy... D'abord, que ce soit clair, qu'il existe une école de musiques actuelles dans les parages, je trouve ça top. Que les profs aient la motiv' pour faire jouer leurs élèves un maximum, c'est super cool. J'ai assisté au concert fleuve de l'école le 3 juin à Aix-Les-Bains, c'était très cool. C'est toujours réjouissant de voir autant de petits jeunes, jusqu'à des gosses de 10 ans ou moins, jouer du rock. Mais là, quant même, sur une si petite place de village paumé, trois scènes qui jouent toutes en même temps... Il aurait pu y avoir un peu d'alternance, comme au festival Rock'n Poche, à Habère Poche: quand un groupe fini de jouer sur la grande scène, la petite, à l'autre bout du site, prend le relai... Juste histoire d'encourager les gens à aller voir ce qui se fait ailleurs, découvrir, et être un peu... humph... solidaire? des groupes qui triment sans le soutient d'une structure aussi propre et nette qu'une école... Enfin, on était pas au Paléo, quoi! Enfin, bref, je dois aimer râler, aussi. Désolée. Bref, Rosemary. J'en ai déjà fait assez long comme ça, y a de la vidéo, pas besoin d'en rajouter 3 tonnes. Thomas a toujours autant d'humour : "Bonsoir Mousquy!", le batteur tape toujours avec autant d'acharnement que s'il était à un cours de cardio training, le bassiste a toujours autant de clous sur sa casquette. Et je ne pose une photo pourries que pour ceux qui ne seraient pas équipés pour le visionage de vidéos. ![]() note: là, un petit gosse dançait à côté de moi, ça rend très moche à l'image, désolée. C'est juste histoire de dire qu'il y a toujours des gosses qui adorent quand ça fait du bruit. ----------- Enfin, pour mes propres archives et parce que le message est loin d'être hors-propos, je pose ici le bulletin qu'a fait tourner Le Citron ("rock'n roll club" lyonnais) sur Myspace, aujourd'hui (à cette heure, il est affiché sur leur page) : Le Citron ne participera pas à la fête de la musique cette année en signe de protestation contre les conditions de plus en plus rocambolesques auxquelles les petits lieux musicaux sont confrontés (notamment ceux du centre ville), malgré leurs efforts pour maintenir une scène indispensable à l’émergence des jeunes groupes locaux. Il faut être clair : aucune structure ne peut remplacer les cafés concerts (en leurs temps si loués et aujourd’hui si décriés…) Les « petits groupes » ont besoin de « petits lieux » pour commencer. Supprimer cette première étape c’est tuer dans l’œuf 95 % de chance de jouer pour un groupe peu connu! Chacun doit en avoir conscience. NUISANCES SONORES ET RIVERAINS. Derrière l’attribut « NUISANCES SONORES » on exige des tenanciers et des musiciens un calibrage draconien du son, chose auquel la plupart des protagonistes se plient le plus souvent avec succès. Ainsi dans de nombreux lieux, beaucoup de travaux d’insonorisation (coûteux mais indispensables) ont été réalisés. Les efforts sont permanents. Mais l’intolérance est telle que ça ne suffit jamais et l’on se demande jusqu’où cette « escalade » d’exigences va nous emmener. Bientôt les batteurs de rock seront-ils remplacés par des joueurs de triangle? Ajoutez à cela la question des allées et venues du public à l’extérieur de l’établissement: on demande aux tenanciers d’avoir un rôle de quasi-police pour éviter que les gens ne stationnent devant le bar et fassent du bruit dans la rue. Mais là encore, malgré les nombreux efforts fournis (portier, vigilence permanente, panneaux de réglementation …), on exige de nous l’impossible car il suffit que quelques personnes traînent à proximité de l’établissement pour que certains crient à l’émeute… Parfois même des gens passant dans la rue et qui ne sont même pas clients du bar! Que pouvons nous faire? Nous n’avons pas d’autorité pour réglementer la rue, et ce n’est pas notre travail. Voilà l’absurdité de la situation et la tache proprement ubuesque qui nous est pourtant confiée. LOIS, DECRETS, ARRETES, SERVICE ECOLOGIE URBAINE. Les conditions d’impossibilité de travailler sont donc créées, conditions qui aboutiront fatalement si rien n’est fait à la disparition des lieux de diffusion musicale. A petits coups de lois, d’arrêtés, de décrets on en arrive à une interdiction pure et simple d’exercer, sans que le mot ne soit jamais mis en avant, sauvegardant par-là même l’illusion d’un vernis démocratique dans un pays ou la pseudo élite politicienne se targue de représenter les droits de l’homme, l’égalité, la liberté et la fraternité… Une hypocrisie symbolisée par le service écologie urbaine qui applique des solutions de restrictions (test phonique + éventuellement limitateur de son évidemment à la charge du tenancier : bonjour le budget) et de sanctions (amende puis fermeture de l’établissement - concernant surtout les nuisances potentielles des gens dehors, comme si les établissements pouvaient être responsables de tout ce qui se passe dans la rue). Ces sanctions et restrictions étant bien sûr décrètées sans jamais la moindre concertation entre les différents protagonistes, alors que des solutions de gestion existent. Bref : des décisions sont prises sans mesurer leurs conditions d’application au quotidien. 2 constats s’imposent : soit ces bureaucrates, technocrates réglementent sans se soucier des conséquences sur le terrain (sont-ils même capables de les envisager ? On n’est là pas loin de l’incompétence) soit il s’agit d’une démarche délibérée ayant pour but de lisser le centre ville sans bien sur jamais l’affirmer. Pas bon dans les 2 cas. INTERDICTION DE FUMER Et comme si ça ne suffisait pas, se profile à l’horizon 2008 l’interdiction de fumer dans les lieux publics. On atteint le summum de l’absurdité: Rappelons que la vente de cigarettes est monopole d’Etat, celui-ci (autrement dit le dealer) vous charge - que dis-je - vous oblige à ce qu’aucune cigarette qui tue (que lui même vend!) ne se consume dans votre lieu… Et il vous charge de construire - à vos frais - un espace fumeur hérmetiquement clos, ou vous oblige a aller en griller une dehors, dans la rue… Rue dans laquelle on retombe fatalement sur les problèmes de nuisances sonores extérieures avec le voisinage (voir plus haut)! Voilà. La boucle est bouclée, le piège est refermé car il est impossible pour tout responsable de petites structures de faire face à cette armada d’obligations et de se soumettre a autant d’éléments contradictoires et inadaptés. CONCLUSION Chacun aura compris que l’existence de petites scènes de proximité est grandement menacée. Aucune entité politico administrative, aucun parti et ce quelle que soit sa couleur politique ne peut se vanter de soutenir la culture musicale locale si les petits lieux de concert, étape INDISPENSABLE, disparaissent. Tous les groupes, les plus grands inclus, ont commencé par-là ! Il est temps de clarifier la situation autour d’une table réunissant les parties concernées, à commencer par les tenanciers. Pour cela les autorités et les politiques doivent accepter d’écouter, de cesser de penser qu’elles savent tout et qu’elles ont toujours raison car dans ce domaine comme dans tant d’autres ce n’est pas forcément le cas. Sans trop d’illusion sur ces derniers mots, le Citron suggère à tous ceux qui se sentent impliqués d’une façon ou d’une autre dans la musique en général et plus particulièrement dans la nouvelle scène rock, pop lyonnaise et son public toujours grandissant, dont le Citron est un fief, à rester vigilant et à se tenir prêt ! Car un jour ou l’autre il faudra réagir… Fred. Le Citron ---------------------- |