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28 février 2008, Annecy Je ne vais pas en faire une retranscription fidèle, de ces notes. Je vais plutôt faire de l'écrémé filtré remixé, ça vaut mieux. Arrivé vers 21h, on se prend une grenadine et on s'installe, à une table, seul, parce qu'on va aux concerts seul, oui, si, c'est faisable, on suit mieux ce qui se passe comme ça, on peut discuter à droite aussi bien qu'à gauche, prendre des notes… Mr le host ("hôte"/animateur en charge des opérations), Hugo Clarence and the Dead Fairy, qui vient juste d'arriver, installe amplis, micros, tout le bordel. Des gens vont peut-être venir pour jouer, profiter de cette scène généreusement ouverte, ou pas. Les gens sont durs à motiver un jeudi soir pour venir à une scène ouverte dans un lieu où ils n'ont pas l'habitude de venir à une scène ouverte. Même les rockeurs, rock'n rolleux, grungeos et autres, grands amateurs de bazar devant l'Eternel, ont leurs petites habitudes en dehors desquelles, bah… "Bof"…, des habitudes dont il est bien ardu de les faire sortir (c'est que ça a son carafon, un rockeur). Ce bar a ses habitués, dont apparemment beaucoup de jeunes lycéens branchés "rock'n roll", slims, slims à rayures, ballerines, mocassins, etc… Mais pas seulement : présents aussi ce soir-là, comme à la première soirée open mike de décembre, 2 ou 3 "anciens", habitués des concerts du bistro des Tilleuls, habitués grâce auxquels j'ai pu passer la soirée sans me répéter "merde, je suis encore la plus vieille, merde je suis encore la plus vieille…". Merci. Les gens tardent à arriver… Il n'y avait pas d'horaire précisé sur le fly… Peut-être un petit accro à la com' ?… Enfin, si aucun amateur de grattage de cordes ne se pointe, le host pourra toujours faire la star, même s'il n'est pas trop d'humeur, vu qu'ils jouent là la semaine d'après. Mais finalement, aux alentours de 21h30, deux autres guitares débarquent sur le dos de leur propriétaires, et puis un autre joueur, les mains dans les poches et oui, tout le monde sait qu'en allant à une scène ouverte, on trouvera bien toujours un instrument à emprunter sur place... … Et à peu près là, l'esprit tordu de l'auteur dérape, sa mécanique à associations d'idées s'emballe, son imagination débridée s'échappe et qu'aperçoit-elle dans un rêve fou ? Pardon, elle fait toutes ses excuses à tous ceux qu'elle va faire grincer des dents, horripiler… Oui, des gens ont vraiment un cerveau malade, faut en convenir… Que voit-elle donc, dans son esprit de grande déviante ? Il ne s'agit pourtant à la base que d'une autre paire de slims, de mocassins, un autre chapeau… Mais bon, oui, c'est un peu abusé, imaginer un Lian Ray en ces lieux, non, vraiment, on peut être utopiste mais à ce point-là, et s'étaler en public en plus, c'est vraiment pathétique. Bon, voilà, ceci était, en aparté, un aperçu des choses qui se trament dans un crane qui, l'hiver, ne sort qu'en bonnet… Quand il pourrait sembler Ô combien plus logique que l'auteur de ces lignes, dans une telle situation, envisage, voir attende, la venue de certains autres annéciens, des vrais à temps pleins et membres honorables et expérimentés de la scène locale, des annéciens susceptibles d'avoir été au courant de l'événement, 2 ou 3 personnes telles que… - que ceux qui se sentent concernés (hum, ou visés, oui, ok) inscrivent leur nom ici - mais justement, l'auteur sait pertinemment que ces personnes ont leurs petites habitudes, qu'elles affectionnent soit de rester chez elles, soit certains autres bars, au point de ne pas souhaiter en décrocher, ou qu'elles sont rebutées par l'idée de venir s'exposer dans un lieu dont aucun pote ne leur a parlé directement… et que donc, si elle en voyaient certains se pointer là, elle en perdrait son dentier, la Mamie Caro. Et franchement, on les comprend tous ces musiciens un peu vieux routards du coin, qu'est-ce que ça rapporte, de jouer là ? Une bière. Ah. C'est déjà ça. Mais sinon, tant d'inconvénients : le déplacement, la fatigue, surtout quand on a déjà fait ça mille fois et pfff…. sans parler, pour les plus pros, des fiches SACEM qu'on ne fait pas remplir… Une telle anarchie administrative, vraiment… Et si les voisins se plaignent du boucan que font les gens agglutinés sur le trottoir pour fumer (mais déjà avant de ne plus avoir le droit de fumer à l'intérieur, des gens avaient cette manie de sortir papoter sur le trottoir, à s'en prendre des seaux d'eau sur la tête), supporter les petits stress habituels (la voiture de police qui passe, repasse...), l'incompréhension (genre vous venez faire de la musique et on vous accuse de faire du bruit… et boum : "Faites CHHH…!!")… Bref. En tout et pour tout, ce soir-là, 4 braves se partagèrent le micro, surtout 2 : Myspace : Sebastian and the Jerusalem Artichokes Et il y avait du public, c'est juste que les gens arrivent tard, en général parce qu'ils se disent qu'en arrivant tôt, ils risquent de passer tout le début de la soirée plantés seuls au milieu d'un bar avec leur verre. Et même si le fly avait indiqué "20h" ou "21h", l'histoire n'aurait probablement pas été bien différente. |