La Taroupe sur la Glabelle + La Rouille
7 février 2007, Brise Glace, Annecy


Ca fait un bail qu'on a rien écrit ici. Ce soir, on ne sait plus trop comment ni quand mais peut-être un peu boosté par la musique, on s'est dit qu'on allait faire quelque chose d'un peu spécial, qu'on allait en faire une vraie tartine sur l'axe "Que se passe-t-il vraiment dans la tête de l'auteur pendant un concert et avant un concert, et pendant les pauses entre deux sets et après le concert?".

D'abord, on arrive au Brise Glace : le parking, le parvis, la petite porte et là, bloquant le passage au sommet des escaliers, des gens qui ne connaissent pas les lieux demandent par où accéder à la salle de concert et on se rappelle la première fois qu'on est venu là, un mercredi 28 septembre 2005, et comment on s'était posé cette même question à la réponse pourtant simple : c'est en bas, il suffit de descendre les escaliers.


C'est vrai que sur le parvis, lorsqu'on ne connait pas les lieux, qu'on voit la grande porte fermée, on se demande un peu quoi. Par un moyen ou un autre on sait bien qu'il y a pourtant un concert là quelque part, on regarde la petite porte qui donne sur cet escalier en étroit colimaçon qui descend on ne sait où et on se demande si le public simple mortel a le droit de passer par là. Absence de parcours fleché. Bref.

En bas, dans le hall d'accueil, on se fait saluer par un régisseur :"T'es en retard!", menace de flagellation en public, la chaleur renommé du Brise Glace et de son équipage.
Il est passé 21h et chaque premier mercredi du mois, soirs d'enregistrement du concert par ODS, ça commence un peu avant 21h. On le savait bien mais ces temps, on hiberne, on a pas trop envie d'arriver en avance parce qu'on a la sociabilité un peu rouillée et qu'on préfère arriver quand ça a commencé histoire d'avoir une bonne excuse pour en dire le moins possible... Bref.
On traverse la zone bar, direction le couloir qui mène à la salle et là, on constate, un peu surpris que oh! y a du monde!

Le taux de fréquentation des salles de concerts est fort variable. Un mercredi en ces lieux il peut y avoir du monde, un peu, beaucoup, ou pas du tout beaucoup. Là, c'est plein, alors que le groupe qui joue sur scène n'est pas d'ici... Hum... En général, les petits groupes pas médiatisés venus d'ailleurs (ailleurs dans la région, genre Grenoble ou Chambéry) attirent peu de monde le mercredi parce que peu de monde les connait parce qu'ils ne passent pas à la télé ni dans rock'n folk et que le commun des mortels, quand il ne connaît pas ou qu'il ne connait personne qui connait, il ne vient pas. Mais après La Rouille jouera La Taroupe sur la Glabelle, des gars bien d'ici qui ont pas mal joué dans le coin l'année dernière, alors ceci explique sans doute cela.

Ensuite, on regarde ce qui se passe sur scène. Le cerveau se remet en route, on n'est pas sorti depuis une semaine, on rebranche les circuits... On se dit que la voix du chanteur rappèle celle de "Mich", le chanteur des Lutins Greluts... On se dit que le violoniste a le physique d'un type qui fait de la danse ou du cirque... Tient, il y a une fille à la contre-basse... On met un certain temps à remarquer que le chanteur joue de l'accordéon parce qu'avec tout ce monde, on voit mal... Et le guitariste semble un peu se faire chier, il a peut-être eu une journée difficile ou il est juste très concentré parce que c'est enregistré et filmé, faut pas déconner et de toutes façons les apparences sont parfois trompeuses... En tout cas, ça joue bien, ça tourne bien carré, nickel bien rodé propre sur soi.

On est arrivé un peu avant la fin du premier set; s'en suit une interview pour ODS à laquelle on n'assiste pas parce qu'on sort de la salle pour saluer des connaissances du côté du bar qui commence à s'enfummer puis La Rouille entamme son second set, on y retourne.
On prend note qu'on a du mal à suivre les paroles. On essaye mais non, on a du mal à accrocher, on a le cerveau vraiment engourdi ou le chanteur articule mal ou c'est juste de la poésie qui vole un peu trop haut pour un cerveau engourdi ou peu importe... On observe les costumes des musiciens, tous habillés en blanc et noir, façon un peu mode d'été soignée mais quant même sans les tongs... Sur une chanson, "j'ai mal aux dents", le public est appelé à participer en faisant les gémissements de douleur... On ne peut s'empêcher de penser qu'une anomalie, une bizarrerie, un petit défaut quoi, dans la diction du chanteur ou dans le micro amène "dent" très près de "noix".
La Rouille clot son set. Le public annécien a pas trop mal suivi. S'il a été attiré par La Taroupe, forcément, il est branché festif donc forcément, il ne pouvait qu'être amené à suivre.
On reste pour la seconde partie et fin de l'interview et au passage de la question "qu'est-ce que vous écoutez en ce moment?", on note que le guitariste qui semblait se faire chier écoute en ce moment du Tom Waits, qu'il trouve ça joyeux et le meneur de l'interview, lui, a du mal à être d'accord, en tout cas, c'est sûr, du Tom Waits, c'est pas du Tryo.

On sort de là... En fait non, on ne sort pas vraiment, on s'arrête dans le couloir pour saluer une connaissance, la discussion s'engage sur la photo, passe aux Suprêmes Dindes qui jouent ici même le lendemain, et il faut voir ça et l'un d'eux est un ex-VRP et comment? Tu ne connais pas les VRP? Genre "mais enfin, tu connais pas? Mais t'as quel âge?". Alors, non, on ne connait pas, ça semble décidément haluçinant. Un régisseur passe, on lui demande s'il connaît les VRP et lui non plus ne connait pas les VRP, ah! on se sent moins seule et ensuite, enfin peut-être avant, la mémoire n'est guère une science si exacte... à un moment, à l'initative de l'auteur, bien entendu, maniaque compulsive, la discussion bifurque sur la scène locale et son passé: avant, c'était bien, le Rockland, La Cuve, il y a des traces vidéos datant des années 90 mais pas visibles à l'expo Bouge La Ville du Palais de l'Isle...

Une autre connaissance passe, salutations et la connaissance en question qu'on croise depuis bien un an dans les différents lieux de concerts du coin raconte qu'elle a récement appris par une connaissance commune qu'on a un site web de malade et qu'il faut qu'on lui passe l'adresse, on s'exécute et on se fait la réflection qu'après un an et demi, bah oui, y a encore des habitués des concerts qui ne connaissent pas Tamazic, la com' maison laisse à désirer, m'enfin le bouche à oreille c'est sympa aussi...

Et passe une autre connaissance qui, elle, bien sûr, connait les VRP et nouvelles salutations et là, on réapprend que Les Lutins Greluts, c'est fini, mort, finito, caput, définitivement, on était déjà au courant mais on avait entendu dire que peut-être, non, ça allait reprendre, on espérait, mais non, là, cette fois, non, puis une autre connaissance passe: elle aussi, elle connait les VRP et elle se transforme en juke-box vivant et entonne "Perdu sur l'autoroute, Je me sens un peu scout, Il faut que coûte que coûte, Je me trouve un casse-croûte, Frites moules, Frites moules, Je roule à toute allure, En direction de Namure, Si j'ai pas ma friture, Je picoterai du pain dur, Frites moules, Frites moules...", mais ah? ça c'était pas les VRP, c'était les Nonnes, les ex-VRP et on se sent décidément dotée d'une culture musicale façon emmental plein de trous rongés par les souris, mais c'est pas grave parce qu'on fini avec un téléphone portable colé à l'oreille à écouter le duo Kate-Jimy, Kate: une fille à la voix en or, une voix tellement à tomber que n'importe qui, enfin n'importe quelle fille, enfin du moins l'auteur se damnerait pour avoir une voix pareille, Kate au chant et Jimy à la gratte sur le téléphone portable du dit Jimy, aussi bassiste de Ventolyn, qui travaille donc depuis un bout avec Kate et il fait bien, Kate qu'on avait entendu une seule fois, le 28 septembre 2005, juste devant le Brise Glace après le concert des feux et regrettés Fish Liver Oil (dont une partie a muté pour devenir The X-Tra Pleasure Burning Band) et à cette époque, Kate ne travaillait encore avec personne et ce soir de septembre 2005, dans la nuit, au grand air sur le macadam glandaient aussi Jimy et sa guitare et un certain Yann et son accordéon, et on était resté là à glander parce que ces deux là, on les avait déjà vus, entendus et repérés un mois avant au merveilleux spectacle "Tout seul sous mon préaux", organisé par Euroloop Assistance, alors sur le point de devenir Antioche Kirm, en marge du festival Vovray dépasse les bornes ... Bref... Les téléphones portables, donc, merveilles de technologie et on est là dans le couloir qui sépare la salle du bar, on gène un peu le passage des musiciens de La Rouille qui doivent déménager leurs instruments de la scène, on écoute cette jolie voix sur téléphone et on se dit que ça passerait bien à la radio...

Et finalement, c'est le tour de La Taroupe de monter sur scène.
La salle a commencé à se remplir bien avant. C'est fou tout ce peuple...
Alors ça commence et on ne met pas longtemps à repérer un nouveau venu au sein de cette bande sortie de la Bourbe. C'est leur provenance, la Bourbe Orientale, on n'y peut rien, c'est eux qui le disent. Un nouveau venu, donc. Ca fait bizarre de voir un ex-Greluts au milieu de la Taroupe. Mais finalement, un Greluts avec des gens de la Bourbe, ma foi... Nono, donc, au trombonne et nouveau venu. Est-ce un special guest présent pour une seule chanson? Non. Tient, le chanteur s'est laissé pousser les cheveux, on a presque eu du mal à le reconnaître. Avec tout ce peuple, on voit mal.
Lors des 2 précédents concerts enregistrés par TV8 MontBlanc, le public était resté bien éloigné de la scène à cause des caméras et du peu d'envie de passer à la télé. Là, il y a tellement de monde que laisser une vraie zone tampon entre le public et la scène, c'est pas possible.


Les 2 précédents concert du mercredi filmés par TV8 Mont Blanc ressemblait à ça:
peu de monde devant la scène.
Entre parenthèse, tout à droite sur la photo, le saxo de la Taroupe (et Jimy en rouge);
24 mai 2006, concert des Suki Brownies.

Des gens vont et viennent, se faufilent, faut sans arrêt se pousser, se décaler, tient, quelqu'un avec un verre plein, ouh là! y a du relachement dans la sécurité! Normalement, c'est non fumeur, non buveur, là.
Une connaissance débarque et on apprend que justement, la sécurité est occupée à filtrer les entrées : il y a tellement de monde qu'ils en refusent.
Après 3 chansons, pause interviews pour ods. C'est Fred, le responsable de la com' du Brise Glace qui s'y colle tout seul aujourd'hui, le journaliste d'ods étant malade. On reste pour voir l'interview de la Taroupe. C'est le manager du groupe qui s'y colle parce que les musiciens ne parlent que "Bourbe", forcément. On avait jamais vu d'interview pareil. On se demande comment Fred fait pour garder un tel sérieux. Ils ont dû travailler le truc avant... Non, vraiment, on avait jamais vu une interview aussi comique. La Taroupe fait dans la chanson festive, pardon, gipsy punk avec mise en scène, chanson façon mini scènette, un côté théatral qui leur apporte un petit truc en plus avec en prime des costumes zarb.
Après l'interview, deuxième set. On se souviendra surtout de La Mort. Il est demandé au public de participer: il s'agit de faire les tombes. C'est simple, il suffit de s'asseoir. Tout le monde s'asseoit ou s'accroupie. C'est joli de réussir à faire participer le public comme ça, ça rappelle les débutants Soul On Fire, en ces lieux le 27 septembre dernier, qui avaient réussi la même chose mais la salle était pleine de leurs camarades de classes ou frères et soeurs alors que là c'est des adultes, généralement plus difficiel à manier. Sur scène: duo. Le chanteur, enfin celui qui s'est laissé pousser les cheveux parce qu'il chantent un peu tous... Duo chanteur-guitare et trombonne à guimbarde. Très joli. Décidément, le nouveau venu s'intégre bien au paysage bourbeux. Il est nettement soutenu par certains membres ex-greluts du public.
On prend note que les gars de la Taroupe se débrouillent vraiment bien au chant. On prend note qu'on a un peu de mal avec le taux de graisse des paroles mais c'est bien tourné bien accompagné bien ficelé alors on fait avec.
Au bout de 20 minutes, fin du second set. Il est annoncé qu'un album sortira courant mars... On sort doucement... on trouve encore du monde à saluer... On tate son taux de sociabilité, toujours un peu bas et surtout, il y le chien enfermé depuis 18h qui doit être en train d'attendre impatiement de pouvoir sortir pisser. On demande l'heure parce qu'on ne l'a pas, il est passé 23h15, on met doucement les voiles, on passe quant même cinq minutes dans un camion sur le parking, histoire de voir comment des potes l'ont arrangé leur camion et on reparle des Greluts, on en entend un peu plus sur le split et on en dira pas plus en public sinon que c'est bien un split dans les règles puis on trace et on arrive à la maison et on fait sortir le chien bel et bien réjoui de pouvoir aller pisser et, décidément boosté par le concert, on se colle devant son ordinateur pour écrire ça en se disant qu'on fignolera le lendemain, enfin plus tard, parce que là il est passé 1h30 du mat' et qu'on va aller se coucher.


Addendum à 1h48: MERDE, LES GRELUTS ONT VRAIMENT SPLITé! MERDE! MERDE! SANS AVOIR ENREGISTRé LEUR ALBUM ET TOUTES LEURS NOUVELLES CHANSONS? MêME PAS LE TANGO??? MEEERDEUUUH!!!

Addendum 10h: mais y a peut-être bien au moins un enregistrement du dernier live des Lutins au Brise Glace, non? Bref.


Blabla + Photos